Une première étude en contexte québécois
Une équipe de chercheurs québécois [1] s’est intéressée au rôle joué par les sages-femmes dans le développement du lien d’attachement entre une mère et son enfant. Plus précisément, comment les perspectives des mères et des sages-femmes permettent de comprendre la contribution de ces dernières au processus d’attachement? Il s’agit de la première recherche à s’intéresser à ce sujet en contexte québécois. Cette étude permet d’identifier des pratiques facilitantes pour la création du lien maman-bébé dès la grossesse et porte un regard sur l’importance de la relation entre professionnel.le.s de la santé et la famille.
Cinq éléments clés favorisant le développement du lien d’attachement entre les mères et leurs enfants et qui auraient été positivement influencés par les sages-femmes sont ressortis de l’étude : l’expérience vécue par les mères, le rythme respecté des mères et de leurs bébés, le renforcement de la confiance des nouvelles mères, l’environnement favorable dans lequel s’est déroulé l’accouchement ainsi que la continuité des soins périnataux.
En misant sur la qualité de relation dans les soins, les principes mis de l’avant dans cette recherche peuvent ainsi s’appliquer à d’autres champs de pratique en périnatalité : développer une relation de confiance avec les mères, les écouter attentivement et tenir compte de leur préoccupations, assurer un soutien émotionnel aux mères durant leur parcours, promouvoir l’accouchement comme une expérience normale et positive tout en respectant le rythme des mères, offrir des interventions individualisées pour répondre à leurs besoins spécifiques. La continuité des soins demeure aussi un élément central pour renforcer les sentiments de confiance et de sécurité chez les mères, permettant de favoriser une expérience positive de la maternité et de la période périnatale.
[1] Raymonde Gagnon du Département sage-femme de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR), Amélie Garban du Centre d’Études Interdisciplinaires sur le Développement de l’Enfant et la Famille (CEIDEF) à l’UQTR, Diane St-Laurent du Département de psychologie de l’UQTR, Carl Lacharité du Centre de recherche Universitaire sur les Jeunes et les Familles (CRUJeF), Jùlia Perarnau Moles de Département d’anthropologie, philosophie et de travail social (DAFITS) de l’Université Rovira i Virgili.